Stéphane Dion deviendra le prochain ambassadeur du Canada à Paris

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Publié le 27 mai | LA PRESSE | 

Joël-Denis BellavanceJOËL-DENIS BELLAVANCE   

Mélanie Marquis MÉLANIE MARQUIS 

(Ottawa) L’ancien ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion deviendra le nouvel ambassadeur du Canada à Paris, a appris La Presse de nombreuses sources. Le premier ministre Justin Trudeau doit confirmer cette nomination diplomatique d’ici quelques jours.

PHOTO HUGO-SEBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

Stéphane Dion, en juillet 2019

M. Dion, qui est ambassadeur du Canada en Allemagne depuis 2017, continuera donc sa carrière de diplomate canadien en Europe. Son mandat à Berlin devait prendre fin cet été.

Le poste d’ambassadeur du Canada dans la capitale française est vacant depuis presque un an. Dans les coulisses, on s’explique mal pourquoi le gouvernement Trudeau a mis autant de temps à pourvoir un poste aussi névralgique au sein de la diplomatie canadienne. D’autant que le président français Emmanuel Macron a été mandaté par ses pairs du G7 pour agir à titre d’interlocuteur auprès de la Russie au nom de l’organisation qui regroupe le Canada, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Italie et le Japon.

 

PHOTO BENOIT TESSIER, ARCHIVES REUTERS

Le président français Emmanuel Macron

On s’interroge aussi sur cette pratique de nommer d’anciens ministres à des postes aussi importants au lieu de les offrir à des diplomates de carrière. « Il n’y avait pas de Claude Laverdure, de Marc Lortie ou de Raymond Chrétien disponibles ? Cela s’explique parce qu’il n’y a pas eu de diplomate francophone promu depuis 10 ans pour avoir cette option », s’est désolée une source au ministère des Affaires étrangères.

Parmi les chancelleries du Canada, Paris, Washington et Londres font partie des postes diplomatiques les plus importants. À cette courte liste, il faut aussi ajouter le poste d’ambassadeur du Canada auprès des Nations unies, à New York, et le poste d’ambassadeur du Canada à Pékin, en Chine, un pays qui est devenu au cours des dernières années la deuxième puissance économique après les États-Unis.

Renforcer les relations

Il y a quelque temps que le choix de la personne qui s’installera rue du Faubourg-Saint-Honoré est fait, mais on attendait que la présidentielle française soit chose du passé avant de procéder officiellement à cette prestigieuse nomination. Le deuxième tour de l’élection présidentielle, remporté par Emmanuel Macron, a eu lieu le 24 avril.

Justin Trudeau s’est entretenu avec son homologue français dans les jours qui ont suivi sa réélection.

« J’ai hâte de continuer à travailler avec le président Macron sur les enjeux les plus importants pour les Canadiens et les Français. Il s’agit notamment de défendre la démocratie, les droits de la personne et le système international fondé sur des règles face à l’invasion illégale, non provoquée et injustifiable de l’Ukraine par la Russie », avait d’ailleurs réagi Trudeau à la suite de la victoire de M. Macron.

En ces temps incertains, renforcer les relations entre les pays est une priorité absolue. Le Canada et la France vont continuer à travailler ensemble pour défendre leurs valeurs communes et construire un avenir prospère pour les gens des deux pays.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Le premier ministre avait tenté de pourvoir le poste à Paris en l’offrant à l’ex-ministre des Affaires étrangères Marc Garneau, qu’il avait éjecté de son cabinet après les élections d’octobre dernier. L’offre avait été refusée « pour toutes sortes de raisons », avait indiqué un mois plus tard le député de Notre-Dame-de-Grâce–Westmount. M. Garneau, qui a aussi été ministre des Transports pendant près de six ans avant d’être muté aux Affaires étrangères en janvier 2021, a insisté pour terminer son mandat de député.

Résultat : la chaise à Paris est vide depuis le départ d’Isabelle Hudon, qui l’occupait depuis 2017. À la fin d’avril 2021, elle s’est vu confier par Justin Trudeau le rôle de patronne de la Banque de développement du Canada.

 

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

Isabelle Hudon

Rentrée au pays en juillet dernier, elle avait commencé à faire ses bagages bien avant. À ce jour, elle est toujours sherpa pour la Francophonie – une situation qui ne fait guère l’unanimité au sein du ministère des Affaires étrangères, selon nos informations.

« Tâche colossale »

Stéphane Dion a été dépêché à Berlin après avoir lui aussi été exclu du Conseil des ministres par Justin Trudeau, remplacé aux Affaires étrangères par Chrystia Freeland en janvier 2017 dans la foulée de l’arrivée de Donald Trump à Maison-Blanche. Il avait aussitôt quitté la politique pour ensuite reprendre du service comme diplomate.

« M. Dion aura une tâche colossale à rebâtir des relations avec le gouvernement français et à gérer une mission sans capitaine depuis beaucoup trop longtemps », a avancé une source qui œuvre dans le monde diplomatique et qui a requis l’anonymat parce qu’elle n’était pas autorisée à parler publiquement de cette nomination.

Stéphane Dion détient la citoyenneté française. Tout indique qu’il pourrait devoir y renoncer avant d’arriver à Paris. En effet, le gouvernement français est peu enclin à déroger à la règle selon laquelle un citoyen français ne peut représenter un pays étranger dans la capitale française.

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