Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, convoque des élections anticipées

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Le Monde avec AFP I Publié le 15 août 2021 à 19h50 

L’électorat canadien se rendra aux urnes le 20 septembre. A la tête d’un gouvernement minoritaire depuis octobre 2019, M. Trudeau entend tirer parti des sondages favorables, de sa gestion de la pandémie et de la réussite de la campagne vaccinale.


Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, est à la tête d’un gouvernement minoritaire depuis octobre 2019. JUSTIN TANG / AP

Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a annoncé, dimanche 15 août, un scrutin anticipé pour le 20 septembre, moins de deux ans après les dernières élections fédérales.

« La gouverneure générale a accepté ma demande de dissoudre le Parlement. Les Canadiens iront donc aux urnes le 20 septembre », a-t-il déclaré de la capitale fédérale, Ottawa. Selon M. Trudeau, le pays se trouve à un « moment historique » du fait de l’épidémie de Covid-19 et il est donc « extrêmement important que les Canadiens puissent choisir comment [ils vont] sortir de cette pandémie et comment [ils vont] rebâtir en mieux ».

« Je vous demande d’appuyer un gouvernement progressiste et ambitieux » qui prône « un système de santé fort, le logement abordable et un environnement protégé », a-t-il ajouté, lançant certains des grands thèmes de sa campagne.

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A la tête d’un gouvernement minoritaire depuis octobre 2019, ce qui le rend dépendant de partis d’opposition pour faire adopter ses réformes, M. Trudeau entend surfer sur des sondages favorables, sa gestion de la pandémie et la réussite de la campagne vaccinale.

Les autres partis, tous opposés à la tenue d’un scrutin cet été, ont dénoncé un calcul politique alors que la pandémie n’est pas terminée. Le Canada a annoncé récemment affronter une quatrième vague épidémique, due au développement du variant Delta, plus contagieux. Le pays a toutefois l’une des meilleures couvertures vaccinales du monde : 71 % des 38 millions de Canadiens ont reçu une première dose et 62 % sont complètement vaccinés.

La grande incertitude sera la participation

Le premier ministre s’est plaint à plusieurs reprises ces derniers temps de l’obstruction des partis d’opposition au sein du Parlement. Pour être à la tête d’un gouvernement majoritaire, la formation de M. Trudeau, le Parti libéral du Canada, qui compte 155 députés élus, devra obtenir au moins 170 des 338 sièges que compte la Chambre des communes.

Mais c’est un « pari risqué » au vu des sondages actuels, estime Daniel Béland, professeur de science politique à l’université McGill, à Montréal. « L’élection pourrait se jouer sur quelques sièges », ajoute-t-il, et « comme cette élection est clairement la décision de Trudeau, cela pourrait lui coûter cher en termes de leadership s’il échoue ».

Face à lui, Erin O’Toole, le chef des conservateurs, seule autre formation capable de former un gouvernement – 119 députés actuellement –, souffre d’un déficit de notoriété dans la population mais pourra compter sur les provinces rurales comme réservoir de voix. Jagmeet Singh, qui est à la tête du Nouveau Parti démocratique (NPD), est l’autre rival de M. Trudeau et pourrait grappiller des voix aux libéraux chez les jeunes et les urbains.

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La campagne électorale devrait en grande partie tourner autour de la gestion de la pandémie et des larges programmes d’aide d’urgence déployés par le gouvernement ainsi que du plan de relance de 101,4 milliards de dollars canadiens (69 milliards d’euros) sur trois ans. Mais les questions environnementales et celle de la réconciliation avec les peuples autochtones seront également cruciales pour ce scrutin qui s’annonce sans précédent.

Les mesures sanitaires toujours en cours dans plusieurs Etats vont limiter les rassemblements électoraux et la grande incertitude sera la participation. Par ailleurs, si le vote par correspondance est plus développé, comme cela est pressenti en raison de la pandémie, le résultat du scrutin pourrait ne pas être connu le soir même de l’élection.

Le Monde avec AFP

 

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