Investisseur et président de Standard, Thomas Gouttman investit activement au Canada, où il représente également un family office européen influent dans l’industrie de l’énergie.

Vous entretenez une relation affective et privilégiée avec le Canada…

Depuis toujours, notamment avec le Québec, où j'ai vécu plusieurs années, et avec l'Alberta, où j'aime aller pratiquer la haute montagne. Cette affinité personnelle s'est conjuguée avec un intérêt professionnel prononcé puisque, depuis quelques années, mes partenaires et moi-même trouvons au Canada de remarquables opportunités d'investissement.

 
En particulier, vous êtes actif dans le domaine des énergies fossiles. Avec la transition énergétique, n'est-ce pas un thème dépassé pour les investisseurs ?

L’essor des renouvelables est une dynamique encourageante, mais les cycles sont longs et en l’état aucune alternative ne peut remplacer les hydrocarbures en termes de densité énergétique, de disponibilité et de coût. Dans un monde qui s’électrifie toujours davantage, le gaz naturel incarne un compromis idéal, car il est abondant, peu coûteux à produire, et autrement plus écologique que le charbon ou le pétrole. Le Canada dispose de gisements extraordinaires, de qualité comparable à ceux du golfe Persique ou de Sibérie, le risque géopolitique en moins, des garanties très fortes de développement durable en plus. Le pays dispose par ailleurs d'une industrie de pointe, bien intégrée, et, sur le terrain, d’un personnel formidablement qualifié. Tous les atouts sont réunis pour faire du Canada une super-puissance de l’énergie, or ce potentiel reste sous-exploité.

La conjoncture actuelle, très difficile pour les producteurs d’hydrocarbures, ainsi que les désaveux politiques n’y sont sans doute pas étrangers ?

Le contexte est tendu à travers toute Amérique du Nord, et au Canada de manière plus aiguë encore, puisque les Etats-Unis, en surcapacité depuis l’avènement des forages de schiste, demeurent le principal débouché à l’export. Cependant, de cette conjoncture défavorable découle un fertile terreau d'opportunités pour les investisseurs patients, contrariens et concentrés sur les fondamentaux. Au sujet de la dimension politique, nous pensons qu’il faut distinguer l’écume des jours des tendances longues. Sur la durée, le pragmatisme l’emportera.

Dans quels autres domaines d’investissement vous impliquez-vous ?

Nous sommes actionnaires d'un groupe pharmaceutique panaméricain basé à Montréal dont nous connaissons—et admirons—la famille fondatrice depuis longtemps. Les partenaires que nous épaulons sont par ailleurs très actifs dans l'immobilier commercial—locaux de bureaux et industriels—en Ontario et en Alberta, où les fondamentaux restent somme toute très solides. Là où d’autres désertaient, la récente crise a au contraire aiguisé leurs appétits.

Comment voyez-vous la coopération franco-canadienne en général?

Comme naturelle, toujours très fluide en bienveillante, avec nos interlocuteurs des provinces anglophones aussi bien qu’au Québec. Canadiens et Européens partagent de nombreuses valeurs communes, comme la tempérance, la rigueur technique et la transparence en affaires. Les passerelles sont d’autant plus faciles à établir.

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