Le Monde I Par Hélène Jouan(Montréal, correspondance) I 23 novembre 2021

L’Inuk Mary Simon, gouverneure générale du pays, a prononcé l’allocution de cette cérémonie très protocolaire, marquée par une volonté de réconciliation avec les peuples des Premières Nations.
Deux mois après avoir retrouvé son siège de premier ministre, de nouveau à la tête d’un gouvernement minoritaire après une victoire à l’arraché obtenue le 20 septembre à la suite des élections fédérales anticipées qu’il avait lui-même déclenchées, Justin Trudeau a donné le 23 novembre le coup d’envoi de la reprise des travaux parlementaires en présentant son nouveau discours du Trône.

L’occasion pour lui de réaffirmer que sa « priorité absolue » était d’en finir avec l’épidémie de Covid-19 notamment en élargissant la vaccination aux enfants de 5 à 11 ans. Le gouvernement fait de la sortie de la pandémie la clé de la relance économique, une reprise fragilisée au Canada par une préoccupante pénurie de main-d’œuvre mais aussi par une poussée inflationniste ( + 4,7 % en octobre par rapport à octobre 2020). Un coup porté aux familles des classes moyennes que le premier ministre s’engage à alléger, en multipliant les aides à la construction de nouveaux logements abordables et en généralisant à tout le pays, un système de garderies pour jeunes enfants à 10 dollars (8,90 euros) la journée.

Mais ce discours du Trône a surtout été marqué par la volonté réitérée de faire de la réconciliation avec les peuples des Premières Nations, une réalité. Le caractère le plus novateur de cette cérémonie très protocolaire, a d’ailleurs tenu à la « qualité » de l’oratrice de ce discours traditionnellement lu par le représentant de la reine d’Angleterre, chef d’Etat du Canada : pour la première fois de l’histoire du pays, c’est une autochtone, Mary Simon, une Inuk de Kuujjuaq situé dans le nord-est du Québec, nommée gouverneure générale en le 6 juillet qui l’a prononcé. Les Canadiens français du Québec avaient vivement attaqué Mary Simon lors de sa nomination pour son unilinguisme anglophone : la gouverneure générale a lu le texte du premier ministre en alternant trois langues, l’anglais, le français (avec une prononciation encore très hésitante) et l’inuktitut.

« Nous avançons sur la voie de la réconciliation »

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